Les petits bouquins d'Hime-Chan

Je vous salue, voyageur !

Bienvenue en ces lieux de lecture et d'écriture...

Vous y trouverez :

- mes textes

- des conseils de lecture

- une chronique sur la poésie : "J'vous sers un vers ?"

- une chronique sur plein de livres différents : "Grignotages littéraires du Lapin Blanc"

- une page "Elans poétiques", un recueil de vers et de petits textes en vrac

- les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes, des petits défis d'écriture avec ma meilleure amie Tisama dont le blog est ICI !

J'espère que vous y trouverez de quoi faire votre bonheur !

Hime-Chan

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08 septembre 2019

Une visite chez... Landrynne

Aujourd’hui, je vous parle avec des larmes dans la voix.

J’ai fait une rencontre. J’errais, perdue dans cette blogosphère que j’aime tant, si riche de trésors, sans savoir où j’allais. Je cherchais quelque chose. Mais quoi ? Des mots, évidemment, des mots, encore des mots, toujours des mots. Pas juste de jolis mots, on en trouve des centaines sans même chercher, mais des vrais mots, des mots qui me toucheraient.

Et je vous ai vue.

Je me suis blottie dans votre ombre. J’ai écouté. Sans faire de bruit. Je me suis cachée pour mieux lire vos mots. Emplis de douleur, de tendresse, d’incompréhension, d’amour, de faiblesse, de force, de chagrin, d’espoir… J’ai essayé de comprendre ce corps, cet esprit, ces émotions, cette personne que vous décrivez si différents, si uniques. Etendue dans l’herbe de votre jardin des souvenirs, j’ai levé les yeux vers vos deux étoiles.

Je n’ai pas su quoi dire. Parce que chacune de ces lignes résonnaient comme la détresse de ceux que j’aime. Cette détresse, elle me désarme, elle me renvoie que je suis impuissante, elle me touche. Vous me touchez. Vous décrivez si bien ce que je ne peux pas comprendre car, comme vous l’avez bien deviné, je fais partie de ces humains qui ont la chance, le privilège, d’être heureux. La vie m’a fait l’incroyable faveur d’être aimable à mes yeux. J’aimerais partager avec vous, avec eux, ce bonheur.

Alors, timidement, j’ai envoyé des messages vers vous. Des petits bouts d’espoir et de joie. Des marques d’écoute, à défaut de compréhension. La bienveillance avec laquelle vous m’avez répondu m’a émue aux larmes. Je vous remercie pour votre patience et votre ouverture d’esprit. Je vous remercie aussi de vous dévoiler à ce point à ceux qui vous lisent. Loin d’être indécent, cet effeuillage pudique de vos sentiments est une véritable bouée de sauvetage pour ceux et celles qui ont besoin de vous entendre.

Merci, chère Mam’ange. Je reviendrai souvent marcher dans vos pas, vous êtes un exemple pour moi, et une très belle lumière au bout d’un chemin très sombre pour d’autres.

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01 septembre 2019

Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes #7

Septième défi ! Allons-y !

Tisama a décidé cette fois de faire dans l'original et m'a donné pour thème Les plaisirs de la porte, un poème de Francis Ponge. Celui-ci, dans son recueil Le Parti pris des choses, se fait le porte-parole des objets, cherchant à les décrire le plus justement possible en s'appuyant sur leurs caractéristiques mais également sur l'étymologie de leur nom ou ses sonorités. C'est un auteur que je trouve très talentueux mais j'ai du mal à apprécier son oeuvre car elle me touche peu. Ce défi a donc été assez difficile pour moi, je ne trouvais pas d'idée, j'étais bloquée. Je vous laisse lire le résultat, après le poème originel, en espérant ne pas trop vous décevoir...

 

"Les rois ne touchent pas aux portes.

Ils ne connaissent pas ce bonheur : pousser devant soi avec douceur ou rudesse l'un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place, — tenir dans ses bras une porte.

Le bonheur d'empoigner au ventre par son nœud de porcelaine l'un de ces hauts obstacles d'une pièce ; ce corps à corps rapide par lequel un instant la marche retenue, l'œil s'ouvre et le corps tout entier s'accommode à son nouvel appartement.

D'une main amicale il la retient encore, avant de la repousser décidément et s'enclore, — ce dont le déclic du ressort puissant mais bien huilé agréablement l'assure.

 Francis Ponge, Les plaisirs de la porte"

 

clé

 

Les vertueux ne touchent pas aux serrures.

Ils ne veulent pas connaître ce bonheur : glisser avec délectation ou malice l’une de ces belles clés ouvragées, la tourner d’un geste pour faire cliqueter le mécanisme, - révéler les secrets d’une serrure.

Le plaisir de déjouer par sa bouche de métal l’une de ces ingénieuses gardiennes de mystères ; cet entrelacement bref par lequel un instant le souffle retenu, le cœur s’ouvre et l’âme toute entière s’abreuve d’une nouvelle découverte.

D’une main hésitante elle la retient encore, avant de la faire céder et s’ouvrir, - ce dont le déclic du ressort retenu mais tentateur agréablement l’assure.

 

Le texte de Tisama ICI !

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25 août 2019

Solitudes (ancienne participation au Solifera d'Or)

Aujourd'hui je voudrais vous partager un poème que certains d'entre vous ont lu sur le blog de Solifera, à l'époque où il existait encore. J'avais participé au Solifera d'Or, concours dont le thème était la solitude et où la seule contrainte était d'écrire en alexandrins. Exercice ô combien difficile pour moi, mais si l'on ne sort jamais de sa zone de confort, on ne progresse pas. Voilà donc Solitudes, dont je suis assez contente !

 

Solitudes

Dans l’obscurité, un enfant hurle. Il a peur.

Les crocs d’un cauchemar le suivent dans le noir.

Un monstre sous le lit ? Peut-être dans l’armoire !

Personne qui vient. Personne. Où est le sauveur ?

Sans doute endormi quelque part. Mais l’enfant pleure.

Sa solitude est sombre et emplie de frayeur.

 

Pas encore une femme, plus vraiment une enfant,

Elle affronte leurs regards méprisants. Ils rient.

Et leurs mots et leurs gestes, et leurs coups et leurs cris,

Sont autant de tirs qui la frappent en sifflant.

Une proie faible pour tous, et tous pour son sang.

Sa solitude est l’ombre de ces ignorants.

 

Apaisement. Un jardin, un homme qui dort.

Bercé par le chant mélodieux des oiseaux

Que rien ne trouble si ce n’est le bruit de l’eau,

Il rêve, part, et oublie jusqu’à son propre corps.

Le soleil le recouvre de ses rayons d’or.

Sa solitude est un doux reflet de trésor.

 

Elle sait bien que toute chose a une fin.

Cette femme qui s’en va, seule dans son lit,

Abandonnée de tous, de sa propre famille.

Dans sa nostalgique vieillesse, elle s’éteint.

A part les souvenirs, il ne reste plus rien.

Sa solitude est une nuit sans lendemain.

 

Solitude. Autant de facettes pour ce mot

Qu’il y a de visages différents ici bas,

Monde pluriel où l’unique n’existe pas.

A chacun sa vertu, à chacun son défaut,

A chacun sa solitude. La mienne est un flot

De sentiments confus, de multiples échos.

 

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Metz en couleurs nocturnes

 

N'hésitez pas à laisser un commentaire si cela vous plu ou déplu ! <3

A bientôt, et bonnes lectures !

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20 août 2019

Je veux vous parler de moi, de vous, de nous ?

Comme vous avez pu le constater, j'ai repris une certaine activité sur ce blog. A vrai dire, j'ai profité d'un week-end un peu moins chargé pour rédiger et pré-publier beaucoup de messages car je ne suis évidemment pas en vacances mais en stage (ce serait trop beau). J'ai également peaufiné le "décor" et je suis très heureuse de vous dire que je me sens toujours chez moi dans ce petit univers internautique. Presque 6 ans et demi et 140 messages plus tard, je vous parle encore de moi, de vous, de nous.

 

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Mésange azurée, dessin aux crayons aquarellables

 

Alors voilà où j'en suis, moi. J'attaque en septembre ma troisième et dernière année d'école d'ingénieur en Gestion forestière et ressources forestières, où je m'épanouis pleinement du point de vue professionnel. Je fais de merveilleuses découvertes tous les jours, et j'aimerais en partager plus avec vous...

 

 

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Hêtre (Fagus sylvatica)

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Je crois que c'est aussi un hêtre... Je l'ai trouvé magnifique !

 

Je lis toujours, moins qu'avant, et je ne prends pas forcément le temps de vous en parler, mais mes rencontres littéraires sont toujours aussi enrichissantes et passionnantes. En ce moment, je suis les conseils d'un ami un peu fou qui m'a prêté ceci :

 

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J'écris toujours. Plus lentement, sans me précipiter, mais je continue. Je suis plus persévérante, j'abandonne moins facilement, je construis mieux mes textes : bref, je mûris. Je suis fière de cette évolution. Et forcément, une petite graine est en train de prendre racine grâce à tout cela... Une histoire d'atomes, de responsabilités et d'héroïsme. Je vous en parlerai bientôt... Je suis surtout heureuse de ne pas douter depuis plus de deux ans de la qualité de mon travail (malgré mon côté toujours très critique et exigeant) et de l'intérêt de continuer à écrire.

 

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Méloé violet (Meloe violaceus)

 

Pour notre petit coin de la blogosphère, celui que nous partageons, j'ai beaucoup de belles choses prévues.

Je continuerai d'y poster mes textes et notamment les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes, qui sont une bouffée d'air frais dans ma manière d'écrire. C'est un exercice vraiment intéressant et je suis sûre qu'au fur et à mesure des défis que je relève, je m'améliore. Il y a aussi les rares poèmes que je continue d'écrire, ceux que je n'ai jamais postés, les nouvelles que j'arriverai enfin à terminer, des extraits de ma petite graine ? On verra bien.

Et puis bien sûr, les chroniques. J'ai l'espoir de tenir mes délais cette année, mais comme je l'ai déjà dit dans un précédent message, je ne fais plus de promesses que je ne peux tenir. J'aimerais aussi retenter l'expérience d'une chronique à écouter, mais ça demande beaucoup de temps, ce que je n'ai pas vraiment, et il me faut un sujet adapté. Je vais enfin essayer d'utiliser le plus possible d'illustrations "personnelles" comme dans ce message et moins d'images tirées du net.

Alors voilà, tout cela est un peu mélancolique, c'est sans doute parce que je le suis un peu. La fin de l'été approche, je suis fatiguée et seule en Belgique, il est tard et je n'arrive pas à dormir... Je reviendrai prochainement avec plus d'énergie mais ne me croyez pas triste ce soir, au contraire ! Je reviens vers vous pleine d'espoir et d'ambitions. J'aime le soleil qui s'est levé sur ma voie.

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Pour conclure ce message et ne pas vous laisser sur quelque chose de trop inconsistant, voilà quelques aperçus du programme :

 - 25 août : un poème que vous connaissez peut-être déjà mais que je n'ai jamais publié sur le blog (mystère mystère...)

 - 28 août : J'vous sers un vers ? #8 ; une chanson, encore une ! Petit indice : on va parler de jeunesse, de bécane et de feuilleton...

 - 1er septembre (si tout va bien) : le DFFFC #7 (j'aime beaucoup les acronymes)

 - 4 septembre : J'vous sers un vers ? #9 ; j'ai l'idée mais difficile de vous donner un indice

 - 8 septembre : Une visite chez... un ange à la plume tendre et touchante

 - 11 septembre : J'vous sers un vers ? #10 qui va vous rappeler les bancs de l'école

A bientôt, et bonnes lectures... :-)

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18 août 2019

Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes #6

Bonjour à tous !

Sixième itération de ces défis qui nous poussent toutes les deux à réinventer notre écriture. J'ai décidé ici de pousser vers quelque chose de plus personnel pour suivre le thème "GHB" que m'avait donné Tisama. J'avais dit que je mettrais un peu de moi là dedans, n'est-ce pas ? Alors voilà.

GHB

J’entraperçois son fantôme dans les vapeurs éthérées de cette soirée d’été. Il m’invite sur la piste pour une autre danse et je ne peux rien lui refuser. Auprès de lui m’observent les autres, je suis sans résistance face à leur regard. Mais avant, je dois avaler cette gorgée de sel au calice des souvenirs. Mes lèvres s’offrent et le goût amer d’une drogue bien connue se mêle à ma salive.

Rouge, rouge, rouge, tout est rouge, nimbé de vermeil. Le monde explose sur ma rétine en surimpressions écarlates. Emportée par un flot qui envahit mes veines, je m’abandonne à ces sensations trop familières. Le sang bat dans mes tempes et tambourine dans ma poitrine. Ce rythme, je le connais par cœur, mes pas et mes gestes s’y accordent, tout comme mon souffle, saccadé. Je t’offre encore une valse, sûrement pas la dernière, n’est-ce pas ? En retour, tu m’embrases, tu me dévores de tes flammes comme pour hurler que je t’appartiens, que je suis tienne pour l’éternité.

En un mot, je me consume. De désir ? Pauvres naïfs. Jamais. Car c’est à tes pieds, odieuse maîtresse, que je reviens toujours me coucher. Toi, qui règnes sur mes nuits de cauchemar, ma drogue, mon effrayante addiction, mon incontrôlable obsession, mon Ire, ma Colère.

Gronde, Hurle, toi, la Bête, Gorge ton Hôte Balbutiante, moi, la Geignarde, l’Hésitante, la Banale ; j’ai trop Gardé ces Heures Blêmes de Griefs, Haletante sous mes Blessures. Guérir ? Ha !  Bienheureux sont les Gens qui peuvent s’Habiller de Bandages, se Gaver d’Harmonieuses Bénédictions pour Grandir sans Hantises ; moi, je Brûle, Grimaçante, Harassée par le Bruyant Galop d’un Hongre Bouffi et Galeux : la Haine. Belliqueuse, elle me Gangrène Hâtivement de ses Baisers au Goût de Houille et de Braises.

Le texte de Tisama ICI !

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11 août 2019

Pélerinage

La plaine grimpe encore sur quelques mètres avant de s'arrêter brusquement, laissant place au ciel. Un ciel immense, infini, d'un bleu si pur et si intense qu'elle en est éblouie. Presque, elle y est presque. Encore quelques pas, et il sera là.

L'océan.

La falaise s'ouvre soudain à ses pieds, déchirure de terre emplie d'air salé. Le calcaire blanc, taillé à vif par les vagues, accueille au sein de ses plaies béantes les colonies d'oiseaux marins. Leurs cris et les embruns l'enveloppent. La roche saigne les larmes de la mer, comme un écho de ses cicatrices.

Elle se penche au-dessus du vide. L'eau l'attire irrémédiablement. Quelque chose résonne dans sa poitrine, un appel qui vibre entre ses côtes, là, juste à la place du coeur, dans le creux qu'il a laissé quand il s'est brisé.

Voler. Pour une seconde, pour un instant, être suspendue dans les airs, portée par le vent, avant de laisser son corps déjà en miettes exploser sur les rochers. Douleur aiguë mais salvatrice. Silence.

Elle ferme les yeux et recule. Ses jambes se dérobent sous elle et sa silhouette s'affaisse sur la ligne d'horizon comme une poupée de chiffon. Elle n'en a pas la force.

Alors, visage tourné vers le ciel, elle prie pour que son fragment de falaise s'effondre.

 

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04 août 2019

Billy The Kid

Coucou mes petits ectoplasmes !

Pas si ectoplasmiques que ça, on dirait, puisque j'ai eu pas mal de retours sur mes dernières publications ! Merci beaucoup !!! Cela m'encourage énormément !

Pour vous tenir au courant, j'ai quelques publications d'avance donc le blog ne devrait pas être désertique dans les semaines qui viennent... Je suis malheureusement bloquée sur le dernier DFFFC, Tisama n'a pas été tendre pour cette dernière consigne ! Juste vengeance après la torture qu'a dû être le précédent pour elle... Je vais essayer de m'en dépatouiller !

 

sucredorge

 

Je voulais vous partager aujourd'hui un poème sur lequel j'ai beaucoup travaillé et que j'ai terminé l'année dernière. Je ne vous l'avais jamais partagé car j'avais dans l'idée de le mettre en musique, mais je ne me suis pas encore lancée... Un de ces quatre, qui sait ? Il reprend une thématique qui me tient beaucoup à coeur, vous le savez : l'enfance et l'imagination. Tout ça en se baladant dans le Far West, yiiiiiihaaaaaaaaaaaaa !

 

J'ai un beau flingue en sucre d'orge

D'la chique de gosse au fond d'la gorge

Genre bubble-gum goût menthe à l'eau

J'la joue cow-boy sur mon vélo

 

J'ai des santiags en caoutchouc

Ma mère m'appelle son p'tit bout d'chou

Mais Jessie James me battrait pas

Au concours du plus beau crachat

 

Dans l'Grand Canyon de mon jardin

J'fais des Indiens mes grands copains

J'refais l'Histoire à ma façon

Dans ma tête de p'tit garçon

 

Siffle trois fois mon petit train

A l'horizon d'mon papier peint

Sur le désert de mon plancher

Je tourne mon western inventé

 

Et puis le soir, seul dans mon lit

Quand j'rêve encore d'la Grande Prairie

Les yeux fixés sur le plafond

J'm'endors en comptant les bisons

 

Dans l'Grand Canyon de mon jardin

J'fais des Indiens mes grands copains

J'refais l'Histoire à ma façon

Dans ma tête de p'tit garçon

 

Tour à tour shérif ou bandit

Que j'sois Dalton ou bien Lucky

J'choisis mon camp sans y penser

Au hasard, juste pour m'amuser

 

Surtout pas d'morts, quelques blessés

J'm'en fiche pas mal de gagner

Tant qu'au final, on fait la paix

Qu'ensemble on fume le calumet

 

Mais en jouant dans mon jardin

J'aimerais bien m'trouver un copain

Pour partager mon canasson

Mon coin d'saloon et mes bonbons...

 

N'hésitez pas à laisser un petit commentaire si ça vous a plu/déplu ! <3

*signaux de fumée en forme de livres* (A bientôt et bonnes lectures !)

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31 juillet 2019

J'vous sers un vers ? #7 Wajdi Mouawad, Incendies, Lettre aux jumeaux

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Bienvenue dans la chronique littéraire de la semaine ! Vous boirez bien quelque chose ?

Ah, le théâtre ! Monter sur les planches, donner du corps aux mots, laisser vivre l'histoire sur la scène et en sentir les échos dans son coeur lorsque se ferme le rideau. J'adore jouer : c'est aussi libérateur que formateur. Se prendre pour quelqu'un d'autre et laisser les spectateurs y croire, c'est apprendre, apprendre qui l'on est, qui est l'autre, comment il voit le monde...

Mais il y a deux rôles, deux personnages que je rêve de jouer depuis que je les ai découverts. Deux rôles de femmes déchirées par leurs idéaux, deux amoureuses de la liberté, la vraie, deux héroïnes dont le destin tragique a été immortalisé par deux immenses dramaturges. L'une s'appelle Antigone et ses mots sages de jeune fille rebelle ont été sublimés par la plume de Jean Anouilh. L'autre s'appelle Nawal et sa lettre intemporelle de mère est née de l'esprit de Wajdi Mouawad.

 

Lettre aux jumeaux

NAWAL : Simon,

Est-ce que tu pleures ?

Si tu pleures ne sèche pas tes larmes

Car je ne sèche pas les miennes.

L'enfance est un couteau planté dans la gorge

Et tu as su le retirer.

A présent, il faut réapprendre à avaler sa salive.

C'est un geste parfois très courageux.

Avaler sa salive.

A présent, il faut reconstruire l'histoire.

L'histoire est en miettes.

Doucement

Guérir chaque souvenir

Doucement

Bercer chaque image.

 

Jeanne,

Est-ce que tu souris ?

Si tu souris ne retiens pas ton rire

Car je ne retiens pas le mien.

C'est le rire de la colère

Celui des femmes marchant côte à côte

Je t'aurais appelée Sawda

Mais ce prénom encore dans son épellation

Dans chacune de ses lettres

Est une blessure béante au fond de mon coeur.

Souris, Jeanne, souris

Notre famille,

Les femmes de notre famille, nous sommes engluées dans la colère.

J'ai été en colère contre ma mère

Tout comme tu es en colère contre moi

Et tout comme ma mère fut en colère contre sa mère.

 

Il faut casser le fil,

Jeanne, Simon,

Où commence votre histoire ?

A votre naissance ?

Alors elle commence dans l'horreur.

A la naissance de votre père ?

Alors c'est une grande histoire d'amour.

Mais en remontant plus loin,

Peut-être que l'on découvrira que cette histoire d'amour

Prend sa source dans le sang, le viol,

Et qu'à son tour,

Le sanguinaire et le violeur

Tient son origine dans l'amour.

Alors,

Lorsque l'on vous demandera votre histoire,

Dites que votre histoire, son origine,

Remonte au jour où une jeune fille

Revint à son village natal pour y graver le nom de sa grand-mère Nazira sur sa tombe.

Là commence l'histoire.

Jeanne, Simon,

Pourquoi ne pas vous avoir parlé ?

Il y a des vérités qui ne peuvent être révélées qu'à condition d'être découvertes.

Vous avez ouvert l'enveloppe, vous avez brisé le silence

Gravez mon nom sur la pierre

Et posez la pierre sur ma tombe.

Votre mère

 

Simon pleure. Il pleure d'avoir perdu sa mère. Il pleure de ne l'avoir jamais connue. Il pleure d'avoir découvert les horreurs qu'elle a subies. Il pleure la mère que la guerre, que son pays, que son enfance au Liban lui ont volée. Lui, qui n'a connu que le Québec, qui n'a connu que le silence froid d'une maman qui ne voulait, ne pouvait pas parler, pleure pour celle qu'il comprend enfin, parce qu'il a retiré le couteau de l'enfance de sa gorge.

Et Nawal l'incite à pleurer, à verser ces larmes qui lui permettront de guérir, bercer le passé. Lui, le garçon, le boxeur, doit être celui qui, avec douceur, pardonne et avance malgré le passé. Avaler sa salive, cela signifie réapprendre des gestes simples, anodins, qui sont devenus impossibles : c'est réapprendre à vivre.

Quant à l'histoire avec un petit "h", c'est l'histoire de Nawal, l'Histoire des femmes, l'histoire et l'Histoire de la guerre du Liban, officieuse et officielle. Toutes sont en miettes, brisées sur le sol. Il faut tout reconstruire mais aussi se souvenir, ne surtout pas oublier, car ce serait trahir ceux qui peuplent ces souvenirs.

Jeanne sourit. Mais ce n'est pas un sourire de joie. C'est un sourire de colère. Son rire est ironique, violent, jaune, c'est celui de l'offense qu'elle porte dans sa chair. L'offense dont les femmes, faisant front ensemble, font une arme. Pourtant, Nawal a tout fait pour ne pas transmettre ses blessures à ses enfants. Son héritage, sa douleur, tout entiers contenus dans ce nom, "Sawda", elle les a gardés, elle les a tus. Son silence, c'était son amour pour Jeanne, pour Simon.

"Souris, Jeanne, souris", lui dit Nawal. Car tu as le droit d'être en colère. Contre ta mère, contre ton père, contre les Hommes et leur guerre, contre cette vie que tu n'as pas demandée, contre la colère dans laquelle se noient les femmes de cette famille.

Simon pleure. Jeanne sourit. Et leur mère leur parle.

Elle leur dit de briser le cercle vicieux, de jeter au loin cette pièce dont les deux faces, amour, haine, s'alternent sans cesse, indissociables. Il faut dépasser l'amour, il faut dépasser la haine. Grâce à la connaissance.

Nawal a appris à écrire. Elle a su, grâce à l'éducation, choisir sa propre voie (voix ?), sa propre histoire, et a décidé qu'elle commencerait là, sur la pierre tombale de sa grand-mère.

Savoir, pouvoir. Maintenant, les jumeaux savent. Ils ont ouvert l'enveloppe. Alors ils peuvent graver le nom de celle qui est enfin leur mère sur sa tombe.

Et lui pardonner.

 

Je vous encourage vivement à lire la pièce entière, Incendies, pour mieux comprendre tout le sens et la force que porte cette fin sublime que j'ai à peine effleurés ici. J'ai essayé de ne rien dévoiler de l'intrigue pour vous laisser la découvrir, et je ferai sûrement une chronique mensuelle sur cette oeuvre prochainement pour vous en parler un peu plus.

A bientôt autour de quelques vers, et surtout : lisez sans modération !

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28 juillet 2019

L'Être et le Reflet (et une promesse à tenir)

Bonjour à tous !

Je n'ai jamais vraiment quitté ce blog, mais je dois dire que j'ai encore fait le coup de la disparue... Je ne cesse jamais d'écrire, mais alimenter régulièrement cette plateforme, j'ai du mal à m'y tenir ! Alors comme toutes les années, je me dis que j'ai envie de recommencer... Je pense que vous avez remarqué les derniers messages plus rapprochés !

Bien sûr, j'ai envie de reprendre mes chroniques (hebdomadaire et mensuelle) et les défis avec ma chère Tisama (je ne le dirais jamais assez, son blog est ICI !). Je ne sais pas si je pourrais tenir encore une fois ma promesse, mais bon... allons-y !

Le plus difficile, je crois, c'est d'avoir l'impression de parler dans le vide après toutes ces années si bien entourée. Tout ce silence, après toute cette effervescence... Et je ne sais pas comment faire pour donner de la visibilité à ce blog. Le savez-vous, vous, les petits fantômes ?

C'est comme ça que je vais vous appeler ! Les petits fantômes ! Alors, mes petits ectoplasmes, qu'est-ce que vous dites de lire un petit texte mêlant philosophie de comptoir et théâtre ? C'est tentant ? Alors c'est parti !

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~

L’Être, devant un miroir, au Reflet : Bonsoir.

Le Reflet : Bonsoir. Que puis-je faire pour toi ?

L’Être : Me dire qui je suis, peut être.

Le Reflet : Qui tu es ? Tu ne le sais pas ?

L’Être : Je ne sais plus qui je suis. J’ai cherché, tu sais. Mais je ne sais plus.

Le Reflet : Pourquoi ?

L’Être : Parce qu’ils ont trop d’yeux pour me voir. Trop de regards qui me façonnent, me plient, me rangent dans une petite boîte. Non, dans plein de petites boîtes. Une multitude de minuscules, microscopiques boîtes, trop étroites pour moi.

Le Reflet : Ils ?

L’Être : Les autres.

Le Reflet : Quels autres ?

L’Être : Les autres, juste… Tous les autres. Ils devraient m’aider pourtant. Mais ils me prennent pour quelqu’un d’autre.

Le Reflet : Et alors, qui es-tu, si tu n’es pas quelqu’un d’autre ?

L’Être : Moi. Enfin, je crois. Enfin, je ne sais pas.

Le Reflet : Et tu crois que je sais ?

L’Être : Et bien, tu devrais le savoir. Tu es moi, après tout.

Le Reflet : Si je suis toi, enfin, moi, qui ne sais pas qui tu es, enfin, qui je suis, comment veux-tu que je sache qui je suis, enfin, qui tu es ?

L’Être : Je ne sais pas. Tu n’as aucune réponse ?

Le Reflet : Moi, je n’ai que des questions, ne suis-je pas ton Reflet ?

L’Être : Mais vers qui me tourner, si tu n’as que des questions ?

Le Reflet : Eh bien, peut être vers Moi ? Ou, vers toi ?

L’Être : Vers… moi ? Comment ça ?

Le Reflet, reste silencieux.

L’Être : Réponds !

Le Reflet : Tu sais que ça m’est impossible, n’est-ce pas ?

L’Être, reste silencieux.

Le Reflet : Que fais-tu ?

L’Être : Je réfléchis.

Le Reflet : Tu prends ma place ?

L’Être : En quelque sorte.

Le Reflet : As-tu trouvé des réponses ?

L’Être : Pas encore. Mais tu as raison. La réponse est ailleurs.

Le Reflet : Où ça ?

L’Être : Peut-être de l’autre côté…

Le Reflet : De l’autre côté ?

L’Être : De l’autre côté, oui…

Le Reflet : Oh, je vois, c’est pour cela que tu réfléchis ?

L’Êflet : En quelque sorte, oui. Regarde, ça fonctionne ?

Le Retre : En effet. C’est étrange. Alors c’est cela, d’avoir des réponses…

Le Reflet : Et c’est ainsi, de n’avoir que des questions ? Je ne sais pas si j’y vois plus clair, est-ce plus clair pour toi ?

L’Être : Il me semble que je ne sais toujours pas qui je suis.

Le Reflet : Cela n’a pas du tout réglé mon, enfin, ton problème, n’est-ce pas ?

L’Être : Non, tu n’as pas tort. Je ne sais toujours pas qui je suis.

Le Reflet, reste silencieux

L’Être, reste silencieux

Le Reflet : Mais qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Pourquoi ces boîtes sont-elles si étroites pour nous ? Pourquoi les autres ne nous aident-ils pas ?

L’Être : Peut-être qu’ils ne peuvent pas.

Le Reflet : Comment ça ?

L’Être : Eh bien, maintenant que j’ai des réponses, je crois que j’entrevois quelque chose. Je crois qu’il n’y a pas qu’eux qui créent des boîtes. Je crois… que moi aussi, je me mets dans des boîtes.

Le Reflet : Tout seul ?

L’Être : Tout seul, oui. Enfin, avec ton aide, aussi.

Le Reflet : Si je suis toi, que tu es moi, que je suis moi et que tu es toi, alors c’est pareil.

L’Être : Tu peux répondre, toi, maintenant ?

Le Reflet : Parce que toi aussi.

L’Être : Alors il faut que j’arrête de me créer mes propres boîtes ?

Le Reflet : Je crois, oui. Quel intérêt y a-t-il à se forcer à rentrer dans une case ? C’est aussi désagréable que de devenir son Reflet, et d’être piégé derrière le miroir.

L’Être : Tu ne peux t’en prendre qu’à toi. Mais, si ce que tu dis es vrai… Oui, je pense que tu as raison. Il faut que je détruise mes petites boîtes. Et…

Le Reflet : Et ?

L’Être, reste silencieux.

Le Retre : Tu réfléchis à nouveau !

L’Êflet : …il faut aussi que je détruise ça.

L’Êflet brise le miroir.

L’Être et le Reflet : Libres !

~

J'espère que ça vous a plus, n'hésitez pas à laisser un commentaire si c'est le cas ! <3

A bientôt et bonnes lectures !

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24 juillet 2019

J'vous sers un vers ? #HORS SERIE Charles Baudelaire, De profundis clamavi

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Bonjour à tous, je suis Tisama, auteure du Blog « Filament d’Etincelle » (ICI) et je prends cette rubrique en otage… Bon, étant donné que le commanditaire de cet acte de brigandage n’est autre que la propriétaire dudit otage, la fabuleuse Hime-Chan, mon rêve de cyber-piraterie est quelque peu ridicule. Je tiens tout de même à te dédier cet article, très chère amie et te présenter comme jamais je ne l’ai fait, le trentième poème des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, le terrible « De Profundis Clamavi ».

De Profundis Clamavi

 

J’implore ta pitié, toi, l’unique que j’aime

Du fond du gouffre obscur où mon cœur est tombé

C’est un univers morne à l’horizon plombé

Où nagent dans la nuit l’horreur et le blasphème.

 

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois

Et les six autres mois, la nuit couvre la terre

C’est un pays plus nu que la terre polaire

Ni bête, ni ruisseau, ni verdure, ni bois.

 

Or il n’est pas d’horreur au monde qui surpasse

La froide cruauté de ce soleil de glace

Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos.

 

Je jalouse le sort des plus vils animaux

Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide

Tant l’écheveau du temps lentement se dévide.

 

Je suis consciente d’être la responsable de la présence de ce texte ici. De tous les textes de Baudelaire tu avais le choix de parler de « l’Albatros », de « l’Horloge » ou de « la Charogne », plus connus et bien plus évocateurs de Baudelaire mais c’est ce bijou de subtilité qui se retrouve ici et pour cause.

Au commencement, « De Profundis Clamavi » n’était ni pour toi, ni pour moi, un poème. C’était une fanfiction. L’une des meilleures certainement. La première que je t’ai fait lire. Cette fanfiction à l’image de ce poème n’est jamais qu’une descente aux enfers, une plongée dans l’univers de la drogue, de la prostitution et de la manipulation mentale. Avec cette fanfiction, je t’ai plongée dans mon univers de l’époque. Tu aurais pu partir en courant… tu ne l’as pas fait. Tu es restée et je t’en remercie. De Profundis Clamavi marque pour moi nos premiers échanges qui aujourd’hui perdurent aux travers de nos défis.

Pourtant, petit à petit, la fanfiction s’est effacée et a été supplantée par le poème. Je l’ai tant lu et relu qu’aujourd’hui encore je le connais sur le bout des doigts. J’aimais ses sonorités, cette longue agonie dans cette langue sublime.

Je ne peux pas mentir. Il était plus que ça et c’est maintenant que ça se complique pour moi. Il m’est vraiment difficile de faire cette chronique parce que ce poème représente les pires heures de ma vie. Comme toujours, Baudelaire parvient à transformer l’horrible en sublime, le macabre en objet d’art. Dans ce cas, il choisit d’utiliser la forme par excellence du poème d’amour, le sonnet, utilisé par des dizaines de générations de poètes depuis Pétrarque à la Renaissance, pour parler de la dépression. Moi, j’appelle ça un génie du mal.

Pour couronner le tout, à la base, « De Profundis Clamavi » est le début d’un psaume religieux dont Baudelaire reprend et détourne la première phrase. « Des profondeurs, j’ai crié vers toi, Seigneur ». Il remplace « crié » par « j’implore ta pitié » qui reprend l’idée générale du psaume en trois mots et surtout il substitue « vers toi, Seigneur » par « toi, l’unique que j’aime », balayant par l’absence de majuscule sur le « toi » toute éventualité que Dieu serait le destinataire de ce poème.

Le coup de maître étant que ce « toi » devient totalement universel puisqu’il ne s’y arrête pas, n’en fait aucune description et que chacun peut y mettre qui il veut. Cette première phrase m’a véritablement marquée. Elle est difficile à dire à cause de consonnes difficiles à prononcer. En effet, jamais un alexandrin ne m’avait semblé aussi interminable. Les visages se sont succédés dans mon esprit, chaque fois que je lisais cette phrase mais la douleur, elle, était toujours la même.

Cependant, cette première phrase n’est jamais qu’un prétexte pour dresser le tableau de son Enfer personnel et tout le poème peut se résumer à un mot : le vide. C’est l’absence de vie, qu’on peut particulièrement sentir avec l’accumulation de négations « Ni bête, ni ruisseau, ni verdure, ni bois. » Tout le poème parle d’un monde abject aux yeux du poète, sans couleur et sans saveur.

Le pire reste pourtant à venir. Après nous avoir totalement abandonnés dans cette lande désolée, Baudelaire nous dit une dernière chose. Elle se joue dans le dernier tercet. Selon moi, les animaux évoqués ne sont pas à prendre au premier degré. Il s’agit de ceux qui étaient les marins de « l’Albatros » : les autres, les ignorants, ceux qui sont une masse informe qu’on ne peut distinguer, qui prennent même une dimension grotesque quand on voit à quel point le poète est plongé dans un univers où la vie a disparu. Ils sont ce qu’il ne sera jamais. Il les méprise toujours autant mais envie leur condition en un sens.

Leur ignorance leur permet de dormir, une manière simple de faire passer le temps sans avoir à penser. Notre « je » lui n’a pas ce luxe. Il est condamné à regarder le temps qui semble s’écouler indéfiniment et ce sentiment est porté à son paroxysme avec toutes les sonorités du dernier vers : entre l’allitération en « en » et les consonnes placées de manière à ce qu’il soit difficile à prononcer il en devient physiquement pénible.

« De Profundis Clamavi » est une magnifique fleur du mal. Je ne connais pas d’autre texte qui parle mieux de la dépression. J’ai véritablement l’impression d’avoir vécu chaque syllabe de cette agonie mentale. Ce poème s’était incarné en moi et a laissé des traces indélébiles. J’aime toujours ce poème, parce que quelqu’un a fini par répondre. Perdu au fond du gouffre obscur de mon désespoir, j’ai entendu une voix qui m’a guidée vers de magnifiques sommets qu’aujourd’hui j’embrasse avec passion.
Elle disait : 

Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou 

Un collier de fenêtres 
Des ailes couvrent les feuilles 
Tu as toutes les joies solaires 
Tout le soleil sur la terre 
Sur les chemins de ta beauté.

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22 juillet 2019

Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes #5

Après cette très longue pause, revoilà les Défis ! Allons-y !

Ma très chère duelliste Tisama a tenté une feinte magistrale cette fois-ci, un thème des plus... éculés ! Première rencontre... Mais j'ai déjoué ses plans ! Ce n'est pas le texte donc je suis la plus fière, mais il me plaît bien.

Le cinquième défi de ma fourbe amie <3 ICI !

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Première rencontre

Myriam s’accroche à sa main et la serre terriblement fort. Haletante, le souffle entrecoupé de  gémissements de douleur, elle broie les doigts de Gabin et lui ne peut rien faire pour la soulager. Il voudrait pouvoir la relayer, prendre sa place ne serait-ce qu’un instant ! Mais ce n’est pas un combat qu’il peut mener. Tout ce qu’il peut faire, c’est attendre et la laisser exorciser la souffrance en écrasant sa paume.

« Ca va aller, tu vas y arriver ! » l’encourage-t-il.

Il essuie tendrement et non sans inquiétude la sueur qui perle sur son front. Sa peau d’ébène d’habitude douce et lisse se tord de grimaces au rythme de ses efforts. Inspirer, bloquer, pousser. Inspirer, bloquer, pousser. Encore, et encore, et encore…

Il est mort de peur. Pour elle, pour lui, pour eux et pour ce petit humain qu’ils vont accueillir. Tout lui est inconnu dans cette situation et il a l’impression de ne plus rien contrôler.

C’est l’effervescence dans la salle d’accouchement. Les sage-femmes s’affairent et remplissent l’espace de leurs mots d’encouragement. Le silence n’a sa place nulle part et surtout pas dans la tête de Gabin. Les idées fusent, il ne parvient pas à couper leur fil infernal. Un instant, rien qu’un instant de répit…

Et puis il y a comme un éclair, une explosion, un tremblement de soulagement dont Myriam est l’épicentre. Un silence glacé, pesant, s’abat soudain autour de lui. Il retient son souffle. Pourquoi le silence ? Ce n’est pas normal ! L’angoisse forme petit à petit une enclave tenace dans son estomac. Panique sourde, étouffée, qui fait battre le sang trop fort à ses oreilles.

Soudain, un cri libérateur brise la chape de silence. Myriam esquisse un sourire épuisé. Le voilà enfin. Un sage-femme le confie doucement à sa mère. Car oui, la voilà mère !

Gabin, lui, est complètement perdu. Ses mains tremblent, de peur, d’émotion, il ne sait que faire. Elle l’a lâché, et maintenant il a l’impression de se noyer. Il se sent de trop, exclu, incongru, face à un enfant blotti dans les bras de sa mère. Alors elle lève les yeux vers lui et murmure :

« Tiens. Prends-le. »

Il est si léger et si lourd à la fois. Son minuscule corps enveloppé de blanc se tortille contre lui. Il appuie sa douce chaleur contre son coeur, comme une flamme d’espoir nouvelle. Regard azur, immense, infini. Il s’y perd. Quelque chose dans la forme de son front, dans la petitesse de ses poings serrés, lui rappellent Myriam mais il a aussi les fossettes de Gabin. Sa peau café au lait paraît si fragile. En fait, tout ce petit être paraît si fragile. Ce petit garçon encore inconnu qu’il rencontre pour la première fois.

Un bonheur immense l’envahit. Son cœur bat tellement fort, à l’unisson avec celui de son oisillon. Être père pour la première fois et porter dans ses bras son avenir, c’est étrange. Réconfortant et terrifiant à la fois.

Myriam lui sourit et passe une main sur son front.

« Il est beau, hein ? Notre fils. »

Une porte s’ouvre dans la tête de Gabin. Il la franchit sans même un regard en arrière.

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16 avril 2019

La Dame de Paris

La Dame de Paris s'est embrasée
Et, tandis que les flammes dévoraient
Sa chevelure de bois tressé,
A ses plaintes gémissantes qui résonnaient
S'est mêlé un chant de prière,
Montant vers les cieux rougeoyants.
La Dame s'est effondrée hier.
Elle gît sous les décombres fumants
Mais dans leur robe d'aube rose
Ses tours se dressent encore.
Elles défient le ciel, elles osent !
N'est pas venue l'heure de leur mort.

 

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30 janvier 2019

J'vous sers un vers ? #6 Paul Eluard, La terre est bleue comme une orange

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Bienvenue dans la chronique littéraire de la semaine ! Vous boirez bien quelque chose ?

 

Aujourd'hui, le froid de l'hiver me donne des envies d'orange et de soleil...

 

La terre est bleue comme une orange

Jamais une erreur les mots ne mentent pas

Ils ne vous donnent plus à chanter

Au tour des baisers de s'entendre

Les fous et les amours

Elle sa bouche d'alliance

Tous les secrets tous les sourires

Et quels vêtements d'indulgence

A la croire toute nue

 

Les guêpes fleurissent vert

L'aube se passe autour du cou

Un collier de fenêtres

Des ailes couvrent les feuilles

Tu as toutes les joies solaires

Tout le soleil sur la terre

Sur les chemins de ta beauté

 

Qui est le fou qui oserait analyser, décortiquer, disséquer une telle merveille ? J'ai mille fois roulé ces vers sous mon palais et je les ai toujours trouvés d'une beauté si pure et si incompréhensible que je n'ai jamais osé y toucher. Blasphème ! Sacrilège ! Laissons-en paix les mots de Paul Eluard.

Laissons-nous porter, emporter, dans un rêve nuancé de bleu, de vert, de jaune. Au milieu de la douce mélopée des sentiments amoureux que le poète exprime pour Gala, sa muse, à la fois "elle" et "tu", admirons la courbe ronde (l'orange) de notre planète bleue. C'est un texte qui parle de soleil, de printemps, de Nature ("les guêpes fleurissent vert","feuilles","joies solaires","tout le soleil sur la terre"). Fermons les yeux, rien qu'un instant, et tâchons de ne pas en perdre une miette...

Les deux vers que je préfère sont : "L'aube se passe autour du cou / Un collier de fenêtres". J'y vois la représentation surréaliste des milliers de fenêtres de la ville éclairées par l'aube, qui s'allument une à une avec la venue du matin.

Car oui ! Eluard est un surréaliste. Poète des rêves, des sentiments, des sensations, de l'inconscient ! Et maintenant je peux vous le dire : il est également mon poète préféré.

Alors sans doute le verrez-vous souvent passer dans ces chroniques, parce que j'adore sa poésie, d'abord, mais également parce que c'est typiquement ce genre de textes que j'aime vous faire découvrir, ce genre de textes que les méthodes scolaires dénaturent et artificialisent. Je voudrais vous montrer qu'au-delà du sens, au-delà de "ce que l'auteur a voulu dire", les mots, c'est beau. Que leurs sonorités et les sensations qui s'en dégagent suffisent parfois, souvent même, à aimer la poésie.

A bientôt autour de quelques vers, et surtout : lisez sans modération !

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20 décembre 2018

Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes # 4

C'est reparti pour le quatrième défi (après une longue pause) !

Cette fois-ci Tisama m'a prise par les sentiments et m'a demandé d'écrire sur La Pieta, la merveilleuse sculpture de Michel-Ange... (d'ailleurs, aucune photo ne rendra jamais assez grâce à sa pureté et à sa beauté angélique !). Je suis plutôt fière du résultat !

 

pieta

 

Je te salue Marie, pleine de grâce.

Ta silhouette fragile

Se découpe dans la pierre immaculée,

Toi qui, figée dans une douloureuse étreinte,

Regardes mourir ton enfant.

Où sont les larmes qui jadis

Ont roulé sur ta joue de vierge éternelle ?

 

Je te salue, statue de marbre blanc

A la pureté diaphane.

Je ne peux détacher mes yeux envoûtés

Des plis mystérieux de ta robe ciselée.

Pourquoi ce génie angélique

A-t-il sculpté ton corps sacré

Dans la plus éclatante de ses beautés ?

 

Je te salue, toi qui hantes mon âme !

Ah, déposer un baiser

Sur ton front et sur tes lèvres glacés...

Que Dieu me pardonne cet amour charnel,

Cet affront à ta chasteté.

Prie pour moi, pauvre pécheresse,

Car je t'adore jusqu'à l'heure de ma mort.

 

Amen.

Le texte de Tisama, ICI !

 

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02 novembre 2018

Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes # 3

Troisième défi !

Pour ce défi, je devais écrire l'éloge d'un personnage de littérature que je déteste. J'ai donc choisi Yennefer de Vengerberg, de la saga The Witcher (Le Sorceleur en bon français).

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Eloge à la dame Yennefer

La voilà, chevauchant sa jument noire ! La voilà qui entre dans la ville, la tête haute, le regard fier. La dame de Vengerberg est là ! Souvent l’on murmure sur son passage mais, ces médisants-là, ne les écoutez pas. La magicienne aux cheveux d’ébène nous a sauvés plus d’une fois.

Qui ne connaît son ardeur au combat ? Qui n’a ouï dire de ses nombreux exploits ? Sorcière-guerrière à la puissance démesurée, elle a anéanti sous son talon gracieux les armées ennemies. Combien de fois, sous le feu des arquebuses, a-t-elle brandi ses flammes, embrasant le champ de bataille et calcinant les corps des soldats vaincus ? Gloire à celle qui a tenu des sièges, renversé des tyrans, exterminé des barbares, portant robe et bijoux comme pour fêter victoire avant l’heure.

Elle œuvre, dans l’ombre des palais, pour le bien du royaume et jamais ne faiblit dans cette tâche ingrate. Conseillère et amie des rois, elle sait les coutumes et les secrets des cours. Ses manières de dame la rende d’exquise compagnie et elle n’hésite jamais à en user de manière fort charmante, pour tisser sans y toucher la trame des intrigues.

Que dire encore de cette enchanteresse amazone ? Sa chevelure de nuit coulante n’a d’égal en profondeur et en intensité que l’améthyste de son regard. Entre les plis de ses nobles tenues apparaissent furtivement les formes impalpables de son corps, enveloppé de son enivrante odeur de lilas et de groseille à maquereaux. Intouchable silhouette, elle hante mes rêves et mes cauchemars...

Un baiser ! Pour un baiser de vous, ma dame, je me damne. Laissez-moi prononcer, au plus secret de mon cœur, votre nom chéri.

« Eh bien, Carmel ! Si je ne savais ton amour des femmes, je dirais que tu as été ensorcelé !

- Ensorcelé, oui, c’est le mot... »

 

Le défi de Tisama ICI !

Littérairement vôtre.

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03 octobre 2018

Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes # 2

Deuxième défi !

Pour cette fois, je devais écrire un texte contenant les mots suivants : bobine, scène, almanach, dompteur, cercle, expulser, naviguer, écrémer (peu importe la conjugaison), immobile et callipyge

 

Dans ma tête y'a pas de doute ça turbine
Je me repasse en boucle des centaines de bobines
Sur la scène de mon cerveau j'imagine des histoires
Immobile conteuse dans mon lit le soir
Dans l'almanach de ma vie rêvée, inventée
Il y a ce jour où j'ai appris à voler
La fois où je suis devenue dompteur de dragons
Pour expulser une sorcière hors de ma maison
Et quand vers le miroir mon regard se dirige
Celle que j'y vois n'est pas Vénus Callipyge
Ni princesse naïve mais guerrière indomptée
Ma couronne est un cercle d'acier ouvragé
La gourmandise est un de mes vilains défauts
Alors je m'en vais cueillir des étoiles là-haut
En naviguant, j'écrème l'écume de la mer
Parfait glaçage pour mes biscuits stellaires

Le deuxième défi de Justine ICI !

Littérairement vôtre !

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16 septembre 2018

Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes # 1

Premier défi !

Pour ce premier épisode, Tisama m'a donné le thème "C'est l'heure du duel !". Petite influence des dessins animés de notre enfance ? ;)

(je vous préviens, je n'ai pas réussi à être très personnelle pour ce coup-là... j'essayerai la prochaine fois !)

 

 

duel

xxx

 

C’est l’heure du dudududuel !

 

La lance vibre dans sa main. Le bois nerveux fait résonner les muscles de son bras. Dans son ventre se mêlent la peur et la rage de survivre. Il est seul, face à l’animal. Le fauve le toise du haut de son trône de rocher. Il est fort, bien plus fort que l’homme mais celui-ci doit vaincre. Pour la tribu. Pour les petits d’hommes qui demain seront un peuple. Dans ce duel sauvage et primitif, dans ce combat de l’Humanité face à la Nature, il lui faut être victorieux.

 

Vercingétorix n’a rien perdu de sa superbe de meneur lorsqu’il dépose aux pieds de César ses armes d’apparat. Agenouillé, nuque offerte, il écoute la foule scander le nom du héros romain. Il s’est rendu, il a abandonné la lutte. Il est cependant un duel qu’il a juré de ne pas perdre et c’est celui de la fierté. Son regard croise celui de son ennemi lorsqu’il relève la tête. Les yeux d’acier du Gaulois rencontrent ceux de glace du Général. C’est là, entre les iris tranchants de ces deux guerriers, que se joue leur dernière bataille.

 

Lubin laisse la cage du haume se refermer autour de sa tête. Sa vue soudain découpée de métal se tourne vers l’estrade du public. Elle est là, vêtue de pourpre et d’argent, figure majestueuse et sublime au milieu de la foule colorée. Sa dame, celle pour qui il est là aujourd’hui, celle qui a emprisonné son cœur et envoûté son âme, celle à qui il dédie une cour pudique et platonique depuis des mois, une sorte de duel courtois qu’il n’espérait même pas remporter. Il resserre sa prise sur les rênes de son destrier puis tend le bras. Le poids de la lance de tournoi est familier, presque rassurant, dans son poing serré. C’est aujourd’hui ou jamais qu’il peut gagner son estime. Ce n’est pas son ennemi qu’il doit vaincre mais les dernières résistances de sa dame.

 

Lorsque le coffret de bois ouvre sa gueule recouverte de velours rouge, Baptiste retient sont souffle. L’heure est venue. Les épées luisent comme des crocs dans les premières lueurs du jour. Symboles du Jugement de Dieu, elles choisiront qui, de son ennemi ou de lui-même, pourra vivre. Cet homme l’a insulté, il a traîné son nom dans la boue, la Justice saura le reconnaître. Baptiste n’a pas peur. Il a prêté serment de défendre l’honneur de sa famille quoi qu’il advienne. Le destin l’a mené en ces lieux, pour ce duel, qu’il en soit ainsi.

 

Tension. Soleil brûlant sur sa nuque. Pas d’ombre. L’église de la ville sonne douze coups funestes coups, qui frappent sa tête comme les douze clous de son cercueil. Dans la grande rue, il n’est pas seul. Face à lui, jambes arquées, regard plongé dans le sien, comme un reflet inversé, l’autre cow-boy tend la main dans le vide. Etre le plus rapide, gagner cette course à tout prix. Ce duel de vitesse à mort.

« C’est un beau jour pour mourir… » pense-t-il.

Le tabac à chiquer a un goût amer, tout d’un coup. Mais telle est la loi de l’Ouest.

 

Loïs et Théo se font face, de chaque côté de la table. Ils se jaugent du regard, la main serrée sur leur shooter de vodka. C’est le cinquième et aucun d’eux ne sait combien il y en aura encore. C’est le challenge, le combat, le duel de leur soirée étudiante.

Ophélie soupire et se tourne vers sa meilleure amie.

« Mouais, ben tu vois, les duels, ça avait quand même un peu plus de gueule avant.

- Hein ? Pourquoi tu dis ça ?

- Oh, pour rien… »

xxx

Alors ?

Pour l'épisode en miroir, c'est ICI !

Littérairement vôtre !

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Les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes # 0

Salutations !

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A ceux qui sont toujours là et aux nouveaux arrivants, je voudrais dire : merci. Oui, je suis encore là, pas souvent, mais là tout de même. Et comme je ne sais pas trop quoi dire après autant d'absence, je vais aller droit au but...

Je vous ai déjà parlé de mon amie Tisama, qui tient son blog "Filament d'étincelle" (ICI). Comme nous adorons écrire ensemble, comme une série de défis mutuels a déjà été source d'inspiration pour nous deux, nous avons décidé de renouveler l'expérience. Et voici donc : les Défis Fabuleux et Frappés des Funambules Calligraphes !

Donc, toutes les deux semaines environ, nous nous lançons mutuellement un défi. Ce défi peut imposer un genre, un thème, une forme, des mots, des personnages... Il n'y a pas de vraie limite aux contraintes. La réponse doit être courte (ou doit essayer de l'être) et parler le plus possible de nous. Les inspirations personnelles seront donc nombreuses !

Je posterai ici MA réponse à SON défi, et elle postera sur son blog SA réponse à MON défi, en exposant les consignes et contraintes à chaque fois.

Bon, je ne suis pas très douée pour expliquer les concepts, certes... Vous comprendrez mieux lorsque nous commencerons !

Littérairement vôtre !

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31 mars 2018

Une visite chez... Martine

Salutations !

Aujourd’hui, je vous emmène faire un tour dans un petit coin de nature haut en couleurs ! Bienvenue chez Martine ! (ICI)

Vous savez que depuis longtemps j’adore les oiseaux, je vous l’ai montré quelques fois. Je voulais me mettre sérieusement à l’observation cette année, mais je manque de temps. Alors forcément, je suis tombée amoureuse de cet endroit de la blogosphère !

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Ce blog naturaliste permet à Martine de nous partager ses magnifiques photos, majoritairement d’oiseaux, mais aussi d’autres animaux (j’y ai croisé un écureuil fort sympathique !). Chaque article comprend les nombreuses photos de l’animal en question, ainsi qu’une courte description du contexte où a été pris le cliché, ou bien une courte explication sur son mode de vie. Le blog est bien organisé, permettant de naviguer chronologiquement ou bien par espèce.

Je ne saurais pas trop quoi vous dire de plus, ce sont des photos, donc il vaut mieux regarder qu’en entendre parler ! Je voulais juste vous faire partager une de mes passions à laquelle malheureusement je ne peux pas consacrer plus de temps, et j’espère que ça vous aura plu !

Je vous souhaite de bonnes lectures, à bientôt !

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