Bonjour à tous ! Tout d'abord, merci à Aristed pour son article sur le Pacte des Marchombres. Ça m'a fait presque pleurer. Bottero était vraiment un auteur fantastique. Il a aussi changé ma façon d'écrire. Je vais sûrement faire un article dédié à cet écrivain (mon préféré !). Patience...

 Et maintenant, la suite de "La princesse voilée", quand même ! Depuis le temps que vous l'attendiez !

         Aelis fit un peu de bruit, pour les prévenir de son arrivée. S'ils apprenaient qu'elle les avait écoutés, ils n'allaient pas forcément être ravis... Lorsqu'elle arriva, ils s'étaient tus. Elle s'allongea sur sa couche de fougères, et s'enveloppa dans sa cape.

<< Daem ! Tu as vu l'état de ses pieds ! >> s'exclama Hélios.

Elle se redressa et observa ses orteils. Ils étaient en sang, et ses talons étaient couverts de croûtes.

<< Charmant... >> murmura ironiquement Daem.

Il s'était penché sur les blessures et les examinait avec attention. Puis il se leva, fit le tour de la clairière et ramassa quelques herbes. Il les mâcha et les appliqua sur les blessures. Aelis reconnut immédiatement la façon de faire des Amazones. Où avait-il pu apprendre cela ? Il fit un bandage rapidement. Sans un autre mot, il partit se coucher. La jeune fille était intriguée par ses connaissances. Venait-il vraiment de la Cité Reptilienne ? Les questions se bousculaient dans sa tête. Elle  se demandait encore si elle n'avait pas fait une erreur en les accompagnant...

        Le petit groupe, qui marchait depuis quelques heures déjà, déboucha hors de la forêt, sur une petite colline. Sous leurs yeux s'étendaient une immense et magnifique ville. Surplombées par l'énorme forteresse Oshiwa, ses rues grouillaient déjà, car c'était jour de fête. La place du marché était envahie par une foule désordonnée et colorée.

<< Edo... >> souffla Aelis.

Elle avait toujours aimé cette cité. D'ailleurs, elle allait la visiter une nouvelle fois.

<< Il faut que je vous laisse, dit-elle aux autres. On m'attend quelque part.

 - Très bien. Rejoins- nous chez le seigneur ce soir. >> répondit Hélios.

Elle hésita, puis hocha la tête. Elle était encore méfiante. Si elle avait voyagé avec eux, elle restait une solitaire qui ne se liait qu'à peu de personnes. Et les seules personnes qu'elle aimait, elle ne les avait pas vues depuis plusieurs années. Elle descendit la colline et s'engouffra dans les rues étroites par la grande porte.

         Les gens la bousculaient, mais ne la remarquaient pas. Elle avait pris soin de rabattre son capuchon. Les odeurs, les bruits, les couleurs, tout lui rappelait son apprentissage. De lointains souvenirs lui revenaient en mémoire. Le bruit d'une béquille sur les dalles de la cour. La voix grave d'un homme prononçant son nom. Les pétales de cerisier qui se perdaient dans ses cheveux de petite fille. La beauté du jardin en toute saison. La salle d'armes ou elle avait tant souffert et tant appris. Les larmes coulèrent sur ses joues. Autrefois, elle n'était pas seule. Trois personnes l'entouraient. L'une d'elle était morte par sa faute. Et les deux autres l'attendaient dans le dojô.

         Sans s'enrendre compte, elle était arrivée à destination. Elle poussa le portail de la maison et entra. Le chemin la conduisit jusqu'au petit bassin entouré de fleurs où nageaient des poissons. Tout était comme avant. Rien n'avait changé. Sauf peut être elle-même.

<< Aelis ! >> l'appela une voix dans son dos.

Elle se retourna et baissa sa capuche. Dame Solweig se tenait dans la petite cour, toujours aussi belle. Ses cheveux noirs s'ornaient maintenant de mèches argentées, et quelques rides étaient apparues sur son visage. Malgré cela, elle était magnifique.

<< Cela faisait longtemps, mon enfant. >> murmura-t-elle.

La jeune fille se précipita dans ses bras. Elle ne retenait plus ses pleurs.

<< Solweig... vous m'avez tellement manquée... >>

Un autre voix l'interpella :

<< Nous aurais-tu oubliés, Aelis ? Tu n'es pas revenue depuis deux ans !

 - Maître Akbär ! >>

Elle s'inclina devant l'homme qui lui avait tout appris. Lui aussi avait vieilli. Sa barbe blanchissait à vue d'oeil, et son visage dur se ridait. Sa béquille l'aidait toujours à marcher. Bien que ce handicap le ralentisse, il avait toujours été un guerrier impressionnant. Solweig l'invita à entrer. Le salon où ils s'assirent pour boire leur thé était pareil à celui des souvenirs d'Aelis. La même table basse, les même tapis, les même tentures sur les murs... Tout était absolument identique.

<< Alors ? demanda la vieille dame. Que t'est-il arrivé depuis ton départ ? >>

Elle leur conta son voyage vers le Nord, chez les chamans, où elle avait appris à contrôler son esprit. Ensuite elle était descendue vers le Sud-Ouest afin de rencontrer la Reine des Amazones. Après un an passé en totale immersion dans leur culture, elle était repartie pour son pays natal, puis était revenue à Edo à cause du messager ailé envoyé par le seigneur Oshiwa. Après leur avoir donné tous les détails de ses aventures, elle se leva.

<< Je vais y aller. Je repasserai peut être bientôt. Mais vous connaissez le seigneur : ses guerriers n'ont que peu de loisirs.

 - Tu vas aller sur "sa" tombe ? demanda Akbär en fronçant les sourcils.

 - Je ne sais pas. C'est... c'est difficile pour moi. Sa... sa mort m'a beaucoup affectée et... c'est encore très dur d'en parler, alors... je ne sais vraiment pas. >>

Elle avait baissé les yeux. Erwan était mort depuis deux ans. C'était à cause de cela qu'elle était partie. Sans saluer ses amis, elle sortit de la maison et s'enfuit dans les rues. Elle ne pouvait que courir, courir pour oublier l'horrible vérité : elle avait tué le seul garçon dont elle était jamais tombée amoureuse.

Voilà voilà ! J'espère que ça a un peu éclairci les ténèbres du mystère qui entoure Aelis... Sinon, tant pis ! Attendez la suite ! ;) Le début et la fin sont un peu bâclés, j'avoue, mais je ne savais pas quoi faire... Désolé >.<

Je vous dis à bientôt, et bonnes lectures !