Bonjour chers internautes !!! Je suis de retour avec la suite de "La princesse voilée". J'espère que ces quelques révélations vous conviendront... Ah oui, aussi ! Je ne sais pas si ça vous a choqué, mais dans la partie précédente, Aelis atterrit dans le jardin, et est censée se retransformer en humaine. Seulement, je ne l'ai pas précisé ! Quand j'ai relu mon message, ça m'a sauté aux yeux. Alors si vous n'avez pas compris ou si vous avez trouvé ça incohérent, merci de me prévenir !

        Soudain, une présence derrière elle la figea. Elle banda ses muscles, prête à bondir.

<< Qui était cet Erwan ? >>

La voix de Daem ne la rassura pas, au contraire. Elle se leva, se retoura et le regarda d'un air menaçant.

<< Ca ne te regarde pas, lança-t-elle sèchement.

 - J'estime que tu nous dois la vérité. Tu n'as rien dit à propos de ta vie dans ce monde, et j'ai besoin de savoir si oui ou non tu es dangereuse parmi nous.

 - Je reconnais bien là la vanité des dragons ! Tout savoir, tout avoir... Et moi, que sais-je de toi ? Pas plus que ce que tu as bien voulu me dire. Ta vie, tes choix, tes aspirations, ai-je vraiment le droit de les connaître ? Nous ignorons tout l'un de l'autre, mais il nous faudra cohabiter malgré tout pour mener à bien cette quête. >>

Elle dit un geste triste vers la tombe.

<< Si tu savais qui il était et comment il est mort, tu ne voudrais même plus m'approcher. >>

La pierre semblait très propre, comme si on l'avait nettoyée récemment. Un lys rouge sang y était déposé. Sa fleur préférée... Aelis maudit les larmes qui perlaient encore sous ses paupières closes. Depuis qu'elle les avait rencontré, elle pleurait beaucoup trop souvent. Ces étrangers venaient remuer ses souvenirs les plus sombres, et ce passé qu'elle haïssait tant refaisait surface.

<< Comment veux-tu que je te fasses confiance si tu me caches ta part humaine ? Tu n'as montré jusqu'à présent que cette âme de vengeance qui t'anime, que cette face guerrière et démoniaque, mai qu'en est-il du reste ? Explique-moi, et je pourrai peut être me battre avec toi plutôt que contre. >>

Cependant, Daem avait insisté sur le "peut être". Il savait manier les mots pour parvenir à ses fins, et ne faisait toujours pas confiance au démon. En vérité, il désirait seulement savoir si Hélios pourrait utiliser son empathie afin de la maîtriser, ou si son cas était vraiment trop dangereux. Beau parleur. Manipulateur. Il devait tenir cela de son père. De son côté, Aelis hésitait. Pouvait-elle faire confiance au reptile une fois de plus ? Lui révéler sa véritable identité lui paraissait déjà une immense erreur. Que se passerait-il si elle lui contait sa plus grande faute ? En même temps, il avait eu l'air de l'accepter telle qu'elle était. Et cela était rare. Elle ne savait pas quoi faire. Un dernier regard confiant du jeune homme acheva de la décider.

<< Je... veux bien te raconter. Mais... Je t'en supplie... Ne me juge pas trop sévèrement...

 - Crois-tu que je suis ce genre de personne ? >>

Mensonge. Un de plus pour ferrer sa proie. Au fond de lui, Daem se dégoûtait.

<< Non, tu n'es pas comme eux. Tu es...  différent. C'est pour cela que tu peux savoir. La femme qui m'avait recueillie était une simple humaine nommée Solweig. Elle m'a emmenée dans le dojô d'un grand guerrier, célèbre pour ses exploits et ses actes généreux, qui comptait parmi ses amis. Il est devenu mon maître. Je savais mille et une façon de tuer, mais les techniques de défense m'était totalement inconnues. De plus, la douleur peut faire oublier tant de choses... Aussi a-t-il pris en main mon éducation. A deux, ils m'ont fait découvrir le monde, et m'ont appris à être humaine. Je leur dois tout. J'ai grandi auprès d'eux et du premier élève d'Akbär, Erwan. Nous étions... très proches. Il y avait quelque chose en lui qui me transformait peu à peu, qui m'apaisait. Il disait venir d'un autre monde, la "Terre". Il nous racontait pendant des heures son enfance, son frère jumeau mort d'une maladie incurable, un garçon nommé Axel qui semblait être son ami... je ne comprenais pas tout, mais j'étais passionée par ces histoires fantastiques. Nous nous connaissions par coeur. Lorsque nous combattions, personne ne sortait vainqueur, car nous anticipions chaque geste, chaque mouvement de l'autre. C'était quasiment magique. J'ai vécu les plus belles années de ma vie. Le seul problème, c'était des crises très fréquentes, trop fréquentes, et étranges qui prenaient possession de moi. La rage de mon peuple se déchainaît alors dans mon esprit. Tu n'imagines pas la fureur qui m'envahissaient... Akbär devait m'enfermer des heures durant pour que je me calme. Heureusement, mon maître ou Solweig arrivaient toujours, par je ne sais quel moyen, à prévoir la période où il devait faire attention. Et puis, il y a deux ans, est arrivé l'accident. Dans ce jardin où nous venions souvent, Erwan et moi, la folie a pris le contrôle. J'ai cru que je m'étais évanouie un moment. Mais lorsque je me suis réveillée, il gisait sur le sol. Eventré. Mes mains... étaient rouges de son sang. >>

Daem, horrifié, recula. Il avait cherché ces informations, bien sûr. Mais il avait esperé découvrir quelque chose d'humain chez elle. Rien ! Elle était perdue à jamais ! Elle le lui avait dit elle même : elle ne pouvait pas aimer. Il s'enfuit, tandis qu'elle serrait les poings, regrettant déjà son accent de sincérité.

         Le jeune homme, après avoir rebroussé chemin par les toits, sauta dans la petite cour où étaient rassemblés ses compagnons de voyage ainsi que leur employeur. Celui-ci l'interpella :

<< Eh bien, messire Daem, qu'avez-vous ?

 - Vous... avez... engagé... un monstre ! >> lâcha-t-il, les dents serrées.

Le seigneur Oshiwa haussa les sourcils, puis se mit à rire.

<< Oh, je vois ! Cher ami, vous jugez trop vite quelqu'un que vous ne connaissez pas. Elle se révelera très utile au moment venu...

 - Elle est dangereuse ! La présence apaisante d'Hélios ne suffira pas à nous préserver d'elle ! >>

Mais l'autre lui fit signe de se taire.

<< Obéissez à mes ordres, dragon, et tout ira pour le mieux ! dit-il sèchement. Je vous interdis de toucher à un seul de ses cheveux, est-ce bien compris ? D'ailleurs, la voilà... >>

Aelis se tenait sur le bord du toit, confirmant ainsi ce que tous soupçonnaient : elle était bien le sujet de dispute du reptile et de l'humain. Elle s'empressa de descendre et de se poster tout près d'Orkis. Dans ses yeux se lisaient la colère et l'incompréhension.

<< Nous voilà tous réunis ! Il est temps pour vous de partir, braves aventuriers. Voici la carte. Comme le continent maudit est bien sûr trop éloigné, vous emprunterez tout d'abord la voie des airs... >>

Sept magnifiques pégases sortirent alors des écuries toutes proches. Leur robe immaculées brillaient au soleil comme si on y avait répandu de la poussière d'étoile, et leurs sabots d'un noir d'encre frappaient le sol. Ils étaient légers, aériens, superbes tout simplement. Les derniers de leur race ! Aelis comprit au nombre de chevaux qu'elle voyagerait à part. Mais elle se tourna vers Daem. La vengeance était un plat qui se mangeait froid ? Tant pis !

<< Le dragon a besoin d'une monture ? Serait-il trop faible pour porter son propre poids ? >> cracha-t-elle d'un ton méprisant.

L'interpellé lui lança un regard assassin et fit apparaître ses ailes de cuir. L'une d'elles était vigoureuse et puissant, ornée de griffes aux extremités. Mais il ne restait de l'autre qu'un moignon en lambeaux. Déchiré et brûlé. En un instant, les deux appendices disparurent. Encore sous le choc, chacun des guerriers choisit un pégase. Aelis avait le rouge aux joues. Encore une fois, le reptile lui avait bien rabattu son clapet ! Les plumes blanches recouvrient ses épaules. Se transformer en chat n'était pas la meilleure solution pour combattre, si ils rencontraient des ennemis. Daem s'approcha d'Hélios et lui murmura à l'oreille :

<< Je ne veux plus que tu t'approches d'elle.

 - Pardon ?

 - Tu crois que je n'ai aps remarqué ton petit manège ? Je ne suis pas aveugle, tu sais. Ne lui fais pas croire que tu l'aimes pour la réconforter, ça ne fera qu'empirer les choses, crois moi.

 - Mais je...

 - Je sais que ce n'est pas ton seul but, mais abandonne. Elle n'est plus une arme que l'on peut contrôler : elle s'est définitivement libérée de ses chaînes. >>

 

 

Daem

 

Et voilà un joli portrait de Daem que j'ai réalisé moi-même pour satisfaire votre insatiable appétit ! Sur ce je vous dis à bientôt, et vous souhaite de très bonnes lectures ! ^^