Hello hello les gens ! Me revoilà avec une bonne nouvelle : je poste la suite de "La princesse voilée" ! Je suis sûre que tout le monde l'attendait avec impatience et je ne voulais pas vous faire attendre plus longtemps... Alors, savourez bien !

         Daem n'eut que le temps de se tourner. Le dard ruisselant de poison traversa son épaule droite. La douleur fut immense. Il avait pourtant subit pire. Il ne cria pas. Il ne fit rien. Il était un guerrier. La substance mortelle se répandait dans ses veines comme un feu qui le consumait de l'intérieur. Sa vue se troubla. Il s'évanouit sous l'effet du venin et s'effondra sur son pégase qui s'acharna à la garder sur son dos. La dernière guêpe fut vite décapitée par Jehan, qui s'empressa de prendre en main le groupe.

<< On se pose ! J'ai repéré une grotte là en bas, on se pose ! On ne peut pas continuer comme ça ! >>

Hélios était muet d'horreur. Daem était son frère, son frère de guerre et de sang. Et sa souffrance était aussi la sienne. Les voyageurs entamèrent une descente en piqué, Artegor soutenant le dragon sur sa monture. Une fois arrivés dans la caverne, ils s'organisèrent naturellement. Orkis s'installa au fond avec le blessé, le mettant torse nu et examinant la déchirure d'où suintait un liquide transparent et jaunâtre. Il grimaça. Elle n'était vraiment pas belle à voir. Il sortit son nécessaire, et commença à préparer un cataplasme. Aelis était tournée vers le reptile qui reposait sur la pierre dure. En effleurant des yeux sa superbe musculature, une sensation qu'elle croyait éteinte depuis plusieurs années se répandit dans son corps. Oui, le jeune homme était beau, très beau même. Magnifique et désirable. Elle passa une main anxieuse sur son visage. Si cette envie, ce besoin primitif refaisait surface... Mais une voix coupa net ses réflexions :

<< Sans toi, le dard traversait le coeur. Il te déteste, et tu lui as sauvé la vie. >>

La jeune fille se retourna, surprise, et se trouva face à Ismaëlle. Celle-ci était un peu plus âgée qu'elle. Elle avait des cheveux noirs coupés au carré et des yeux en amande de la même couleur, pailletés d'or. Son visage fin aux pommettes très saillantes contrastait avec la dureté de son regard. Une robe de soie prune l'habillait, ornée d'une fleur sauvage sur la poitrine. Plusieurs poignards étaient accrochés à sa ceinture, un autre étui ornait son  bras droit et Aelis crut deviner la forme de trois fourreaux dans les plis du tissu. Ismaëlle était mince, quasiment maigre en fait. Son corps de combattante était pourtant extrêmement musclé. Elle exprimait à la fois la délicatesse et le danger. A l'image d'une rose, aux pétales douces et magnifiques, mais aux épines effilées et sournoises. On lisait dans ses prunelles ombrageuses une envie de survivre à n'importe quel prix. Même celui d'une vie chère.

<< Qu'est ce qui t'as poussé à le faire ? demanda-t-elle à nouveau.

 - Je ne sais pas. >>

Et Aelis était sincère. Elle ignorait ce qui lui était passé par la tête. L'intérêt de la mission, peut être... L'autre lui lança un regard hautain.

<< Sauver quelqu'un sans raison, quel acte stupide ! Tu as décidément bien hâte de te faire tuer !

 - J'ai un sens de l'honneur, et je me dois de le respecter. Je dois mener cette quête jusqu'au bout, même si cela veut dire mourir pour mon ennemi !

 - L'honneur ! fit Ismaëlle en éclatant d'un rire méprisant. Voilà quelque chose que je ne comprendrais jamais. A quoi cela sert-il ? A quoi bon risquer sa vie pour un principe aussi futile et inutile que l'honneur ? C'est pour cela que je ne suis que mercenaire. Au moins je n'ai de compte à rendre à personne ! >>

Aelis fronça les sourcils. Une mercenaire, en effet... qui se mettait au service du plus offrant ! Qui savait si les jumeaux n'allaient pas les trahir ? Naël se glissa entre elles, interrompant l'échange qui risquait de s'envenimer. Il paraissait moins dur que sa soeur. Peut être à cause de la lueur joyeuse qui dansait dans ses yeux la plupart du temps. Il entraîna Ismaëlle à l'écarte et s'entretint vivement avec elle. Aelis acquiesça et se mit à observer ses autres compagnons. Jehan et Hélios discutaient à voix basse, se rassurant l'un l'autre, à l'entrée de la caverne. Artegor, grommelant dans sa barbe blanche, lisait un épais volume relié de cuir bleu, tout droit sorti de la sacoche fatiguée gisant à ses pieds. Apparemment à la recherche d'un sort de soin. Mais la jeune fille ne s'inquiétait pas outre mesure : Orkis était le meilleur guérisseur de toutes les Grandes Plaines, et cela grâce aux esprits qui l'avaient prétendument rendu fou. En effet, le peuple du Nord utilisait une magie bien plus ancienne que toute autre, et invoquait les djinns élémentaires. Comme Orkis savait les manier à la perfection et même communiquer avec eux, on l'avait rejeté et considéré comme dangereux et incontrôlable. Elle avait fait sa connaissance au dojô d'Akbär, qui était un de ses trop rares amis. Le chaman lui avait appris à parler aux esprits, à leur chuchoter des mots interdits et oubliés, à leur chanter des rituels inconnus du commun des mortels et des immortels. La jeune fille sourit. Malgré leur sinistre réputation, les djinns étaient de bonne compagnie. Elle décida donc d'entonner un chant, afin de les amener près d'elle. Elle se sentait bien trop seule...

Ismaelle

Voilà Ismaëlle telle que je me la représente, je suis plutôt fière de ce dessin même si je pense que ses jambes sont trop courtes... En tout cas j'espère que vous avez bien dégusté cette suite !  A bientôt et... bonnes lectures !