Tchû, les gens !!! J'espère que vous allez bien ^w^ Moi je pète la forme et j'ai plein d'inspiration ! Bon, c'est pas vraiment pour les histoires que je poste ici, mais c'est toujours bon d'en avoir X) Allez, depuis le temps que je vous la promets, voici la suite de "La princesse voilée". Un peu longuette... Savourez bien, parce que vous risquez d'attendre longtemps après >.<

 

         Daem sentit les ténèbres changer autour de lui. Une douce lumière l'entoura. La douleur avait disparue. Il vit un petit lutin habillé de bleu s'incliner devant lui et haussa les sourcils. Qui était cet étrange personnage ? Le lutin sautilla jusqu'à lui.

<< Salutations, seigneur reptilien. Je suis envoyé par Orkis pour vous guérir, et je crois que ma tâche est achevée.

 - Pardon ?

 - Je suis un djinn, grand seigneur, et de mes pouvoirs j'ai refermé l'horrible plaie que vous portiez et purgé votre corps de tout poison. Oh, bien sûr, je n'étais pas seul, mais n'en déplaise à ce chaman, j'ai quand même fait une grande partie du travail. Même si sans cette jeune femme, la blessure aurait été mortelle et je...

 - Attends ! La... la femme dont tu parles, c'est Aelis, n'est ce pas ?

 - Oui mais je...

 - Alors tu insinues que ce... cette... qu'elle m'a sauvé la vie ?

 - Eh bien, en quelque sorte, oui. >>

Daem ne put rien dire. Il avait été sauvé par... un démon !

<< Ah, Orkis me charge de vous dire que vous pouvez vous réveiller et que vous avez le droit de remercier la jeune demoiselle. >>

Le dragon ne put qu'émettre un faible grognement avant qu'une secousse ne le réveille brusquement.

 

          Il ouvrit les yeux. Son corps était lourd, et son épaule engourdie, mais il se sentait bien. Le visage satisfait d'Orik l'acueillit. Puis celui d'Hélios, soulagé. Ses souvenirs se mirent en place avec un déclic quasi sonore. Il se redressa. Réfléchit. Elle était là. A quelques mètres seulement. Figée dans une expression d'intense résolution. Il la trouva belle. Mais un sentiment de haine sauvage le fit se lever et marcher vers elle. Cette colère... La frapper. Lui faire payer pour ses crimes et pour ceux de son peuple. Les pensées se bousculaient sous son crâne. Une atroce migraine pesait sur sa nuque tel le poids qu'aurait sa future décision. L'éliminer, et ainsi annihiler le danger ? Ou bien la laisser vivre et lui offrir le pardon auquel tout le monde avait droit ? S'il avait encore été sous les ordres de son père, conditionné par le sentiment patriotique et la peur de décevoir, le choix aurait été vite fait. Mais il n'était plus un dévoué soldat sans conscience ni remords. Il s'était affranchi. Et elle, était-elle seulement le démon qu'il s'obstinait à voir et à haïr ? Peut être son coeur renfermait-il une part d'âme humaine. Il ne savait pas. Ne savait plus. Immobile, à quelques pas d'Aelis, il espérait qu'elle lève la tête et que son visage lui indique la voie à suivre et le pousse à agir, dans un sens ou dans l'autre. Mais elle ne fit rien. Une immense souffrance envahit le dragon. Alors il s'approcha. S'agenouilla face à elle. Murmura, pour qu'elle seule entende.

<< Merci, Aelis. >>

Plus que le remerciement, c'était le prénom qui lui avait coûté. Elle resta indifférente. Morte à l'intérieur. Daem soupira en se relevant. Il avait choisi. Sa main se posa sur le pommeau de son épée. Il la tira. Oui, il avait choisi.

<< Démon, au nom de la sécurité de notre groupe et de mon peuple, je m'octroie la tâche de te tuer ! >>

 

         Elle bondit sur ses pieds et dégaina son sabre. Sa posture, quoi que singulière, était parfaite. Aucune faille dans sa garde.

<< Daem, ne fais pas ça ! >> s'exclama Hélios.

Ses compagnons s'étaient tous arrêtés, glacés d'horreur. Sauf Orkis qui s'était placé devant la jeune fille.

<< Écartez-vous, grogna le dragon, le menaçant de son arme.

 - Vous faites erreur en pensant pouvoir la vaincre. >> dit calmement le chaman en se reculant, rejoignant le cercle des autres aventuriers.

Il paraissait presque désolé pour le jeune homme.

<< Que personne ne tente de s'interposer, ordonna-t-il. J'ai pris le commandement de cette "armée" comme l'avait décidé le seigneur Oshiwa. J'assure donc sa sauvegarde.

 - Daem, elle t'a sauvé la vie... gémit Hélios.

 - Je sais. Et je lui en suis reconnaissant. Mais je dois accomplir ma mission. >>

Une voix douce le fit sursauter :

<< Est-ce une mission que de commettre un crime ? >>

Il se tourna vers Artegor. Le vieil homme le regardait avec sagesse et bienveillance. Mais Aelis ne lui laissa pas le temps de réflechir.

<< En garde, reptile, puisque tu veux te battre ! >> l'interrompit-elle.

Il referma ses deux paumes sur la poignée de son arme et se campa sur ses pieds. Puis s'élança, tel l'assassin qu'il se savait devenu.

 

          Lame contre lame. L'acier qui mord l'acier. Le choc retentissant dans les deux corps au même instant. Deux consciences s'affrontent, mais dans le combat elles n'en forment qu'une seule. C'est le feu de la rage qui les guide. C'est la peur de la défaite, et celle de la victoire qui les pousse. Hurlement du métal. Le katana s'enroule comme un cobra sur l'épée. Sensation de paralysie. Mais la proie devient le prédateur, et le sabre pare d'extrême justesse le puissant coup vertical. Il veut la tuer, mais ne veut pas qu'elle meurt. Elle veut le voir mort, mais ne veut pas tuer à nouveau. Daem se plie, tente de la toucher à l'estomac. Aelis virevolte et évite la pointe aiguisée. Puis, comme une flèche, elle glisse sous sa garde et effleure sa gorge. Il s'est reculé à temps. Mais quelque chose ne va pas. La jeune femme n'est pas entière, il le sent bien. La vigueur lui manque, la souplesse, la vivacité. Où est donc l'effroyable guerrière que les démons ont formée ? Il place une attaque en diagonale. Elle envoie valser sa puissance et l'utilise pour le faire vaciller, il se rééquilibre. Leurs forces sont quasi égales, il nn'y aura ni vainqueur ni perdant. Si l'affrontement dure, ils devront mourir tous les deux. Elle feinte vers son flanc puis fauche ses jambes. Fluidité. Continuité. Rapidité. Une attaque presque parfaite. Riposte équivalente. Elle ne parvient pas à le toucher. La rage grandit, en même temps que la lassitude. Elle ne veut pas se battre. C'est un acte inutile. Mais la fureur l'emporte. Le verrou si bien scellé cède. Et le véritable démon se libère.

 

         Daem frémit en sentant la vague de pouvoir le traverser. Il sut à ce moment précis qu'il avait franchi l'ultime limite, celle à ne dépasser sous aucun prétexte. Orkis, paniqué, demanda à tous les autres de se cacher dans le fond de la caverne. Aucun ne protesta. Plus rien, maintenant, ne pourrait stopper le cataclysme Il tissa une protection pour les dissimuler, espérant fortement qu'elle serait efficace malgré la force qu'elle allait affronter. Le dragon n'était pas à l'abri. Tant pis ! Qu'il se débrouille avec ce qu'il avait déclenché ! Aelis - mais était-ce encore elle - se rejetta en arrière. Un long râle sortit de sa gorge. Deux éclats blancs son dos, et ses ailes de plumes se veinèrent de noir, tandis que ses yeux s'injectaient de sang. Ses doigts s'arquèrent tels dix griffes, prêts à arracher le coeur de leur proie. Le katana, inutile à présent, tomba à terre. Deux crocs luisants glissèrent hors de ses lèvres sombres comme les deux puits de ténèbres qu'étaient devenues ses pupilles dilatées. De fines lignes d'ombre parcouraient sa peau blafarde, réseau malfaisant qui emprisonnait ses membres dans la folie de son âme. Elle était laide, repoussante, mais surtout dangereuse. Le pelage qui recouvrait ses avant-bras se dressa. Elle bondit.

 

          Daem se sentit plaqué au sol. Une force incroyable l'empêchait de bouger, aussi bien physique que spirituelle. Écrasé. Comme un vulgaire insecte. Il vit son visage déformé et ses yeux qui lui transmettaient toute sa haine et toute sa douleur. Elle n'était plus que souffrance et pulsions meurtrières. Son souffle glacé charriait une immonde odeur de sang et de mort. Il vit ses bras bloqués entre ses griffes. Ses ongles tracèrent des lignes de feu sur sa peau. Elle effleura de ses lèvres sa gorge fragile. Il vit son regard s'assombrir encore. Il vit... Il vit surtout sa dernière heure arriver lorsque l'ivoire égratina son cou, caressant la jugulaire et lançant un immense frisson le long de sa colonne vertébrale. Mourir ? Maintenant, là, tout de suite ? Mourir, oui. Entre ses dents. A cause d'un stupide choix. Encore une fois, il avait suivi la voie de la raison. Celle qui l'avait tant de fois perdu. Pourquoi n'arrivait-il pas à écouter son coeur ? De toute façon, c'était trop tard. Le jeu était terminé. Elle avait gagné.

 

          << Aelis... >>

Le doux murmure la stoppa.

<< Aelis, arrête, je t'en prie. Regarde, je suis là... >>

Elle se tourna vers Hélios. Le prince tendit la main vers elle. Elle se figea. un grognement sourd s'échappa de sa bouche. Mais ses yeux se perdaient déjà dans l'infini couleur azur en face. Elle voyait. Le monstre la quittait, elle le voyait. Hélios. Prénom d'or et de soleil, promesse de chaleur. Hélios. Comme une formule magique qui apporterait réconfort et amour. Hél... Non, Erwan. C'était Erwan, devant elle. Erwan... ou peut être Akbär. Non, Daem. Mais qui était cet homme qui changeait de visage constamment ? Akbär... Hélios... Daem... Erwan... et puis lui. Celui dont tout était la faute. Son père. Elle hurla. Non ! Elle ne voulait pas ! Jamais, plus jamais le voir lui... Celui qui avait fait d'elle une horrible créature avide de chair et de sang. Mais la silhouette se brouilla à nouveau, et elle se jeta dans les bras d'Hélios, criant, pleurant, gémissant. Plus faible que jamais. Il la serra contre lui et posa un baiser sur son front.

<< Là, là, je suis là... >>

Daem resta sans voix.


Voilà ! C'est long, je sais... pour me faire pardonner, voici un dessin ! (je sais ça faisait longtemps ^^)

Aelis

Je suis pas très fière de son bras droit, ni de sa main droite. Et puis le katana n'est pas assez long ou trop courbe. Enfin jsuis pas trop satisfaite, quoi.. Le visage est bien par contre !

J'espère que vous avez passé un bon moment et que c'était pas trop long ! Je vous dis à bientôt et... bonnes lectures !