Niaf niaf !!!

Voilà l'été ! Le soleil, la chaleur, peut-être la plage, pour certains ? Je préfère la campagne, mais je vous comprends bien... Mmmh, au frais au bord de la mer !

Voici donc venu le temps des vacances, et donc des lectures de vacances ! Vous êtes donc venus chercher quelques conseils auprès de votre humble serviteur ? Je serai ravi de vous aider ! Que diriez-vous d'un roman d'aventure ? Ah, ça vous intéresse, n'est-ce pas ! Oui, je le sens bien, vous avez envie de vent, d'océan, de jungles mystérieuses, de découvertes, d'exploration, d'île déserte... Comme un goût de voyage ! Vous pensez à Robinson Crusoé, n'est-ce pas ? Eh bien, si Vendredi ou la vie sauvage est un chef d'oeuvre, le roman dont je vais vous parler aujourd'hui est un peu différent...

 

SMDM

 

Plantons d'abord le décor de Sa Majesté Des Mouches : une île, au milieu de l'océan, loin des lois et de la civilisation ; un séjour entre les vagues ondoyantes de bleu et les falaises de granite rose recouvertes de forêt émeraude, un véritable dessin du paradis, puisque même la nourriture ne viendra pas à manquer. Ca donne envie, non ?

Sauf que vous n'êtes pas seul. Et voilà l'idée géniale de William Golding : un groupe d'enfants se retrouve, après un accident d'avion, sur une île déserte qui, au premier abord, paraît parfaitement accueillante. Ils n'ont plus qu'à s'organiser pour survivre en attendant les secours. Simple. Et affreusement efficace.

Parce que l'enfance insoumise n'a pas encore fait des lois un indispensable, et la nature humaine profondément cruelle ne se voit jamais mieux que chez des êtres fragiles, instables et innocents livrés à eux-mêmes.

Véritable descente aux enfers, expérience sociale fantasmée mais terriblement réaliste, Sa Majesté Des Mouches ne vous aidera clairement pas à avoir foi en l'humanité, au contraire. Décrivant implacablement l'effondrement de sa petite société insulaire, la cruauté de l'enfance et le pouvoir de la peur et de l'imagination, l'auteur ne nous laisse jamais respirer et nous livre une vision angoissante de nos propres failles.

Les différents personnages, bien caractérisés et définis, dressent un portrait fidèle des enfants, mais aussi des adultes, avec leurs doutes, leurs forces et leurs faiblesses. Si le livre prend son temps au début pour installer son atmosphère malsaine et les rapports entre protagonistes, les derniers chapitres s'enchaînent à une vitesse folle. Et folle, c'est peu dire : tout, absolument tout, devient fou sur l'île.

Mais je cesse là les explications concernant l'histoire, car il vous faut la découvrir par vous-même.

Ce livre vous laissera un goût amer de défaite, un goût de sel qui écorche la peau, un goût de sang dans la bouche. Ce livre vous changera. Ce livre, dans toute sa violence et son horreur, est absolument incroyable, et la première fois que je l'ai lu, j'ai passé la nuit à tourner les pages encore et encore, jusqu'à la dernière phrase, le dernier mot, le dernier point, qui m'a laissé sans force et épuisé, mais sans parvenir à trouver le sommeil.

J'ai parlé de lecture de vacances, et j'ai sans doute eu tort. Car ce roman vous prendra la tête. Ce roman vous fera réfléchir. Ce qui n'est sans doute pas le but d'une lecture de vacances.

Mais bon, j'espère que la dégustation vous plaira, n'oubliez pas de toujours entraîner vos papilles littéraires, et à bientôt pour d'autres grignotages !