Premier défi !

Pour ce premier épisode, Tisama m'a donné le thème "C'est l'heure du duel !". Petite influence des dessins animés de notre enfance ? ;)

(je vous préviens, je n'ai pas réussi à être très personnelle pour ce coup-là... j'essayerai la prochaine fois !)

 

 

duel

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C’est l’heure du dudududuel !

 

La lance vibre dans sa main. Le bois nerveux fait résonner les muscles de son bras. Dans son ventre se mêlent la peur et la rage de survivre. Il est seul, face à l’animal. Le fauve le toise du haut de son trône de rocher. Il est fort, bien plus fort que l’homme mais celui-ci doit vaincre. Pour la tribu. Pour les petits d’hommes qui demain seront un peuple. Dans ce duel sauvage et primitif, dans ce combat de l’Humanité face à la Nature, il lui faut être victorieux.

 

Vercingétorix n’a rien perdu de sa superbe de meneur lorsqu’il dépose aux pieds de César ses armes d’apparat. Agenouillé, nuque offerte, il écoute la foule scander le nom du héros romain. Il s’est rendu, il a abandonné la lutte. Il est cependant un duel qu’il a juré de ne pas perdre et c’est celui de la fierté. Son regard croise celui de son ennemi lorsqu’il relève la tête. Les yeux d’acier du Gaulois rencontrent ceux de glace du Général. C’est là, entre les iris tranchants de ces deux guerriers, que se joue leur dernière bataille.

 

Lubin laisse la cage du haume se refermer autour de sa tête. Sa vue soudain découpée de métal se tourne vers l’estrade du public. Elle est là, vêtue de pourpre et d’argent, figure majestueuse et sublime au milieu de la foule colorée. Sa dame, celle pour qui il est là aujourd’hui, celle qui a emprisonné son cœur et envoûté son âme, celle à qui il dédie une cour pudique et platonique depuis des mois, une sorte de duel courtois qu’il n’espérait même pas remporter. Il resserre sa prise sur les rênes de son destrier puis tend le bras. Le poids de la lance de tournoi est familier, presque rassurant, dans son poing serré. C’est aujourd’hui ou jamais qu’il peut gagner son estime. Ce n’est pas son ennemi qu’il doit vaincre mais les dernières résistances de sa dame.

 

Lorsque le coffret de bois ouvre sa gueule recouverte de velours rouge, Baptiste retient sont souffle. L’heure est venue. Les épées luisent comme des crocs dans les premières lueurs du jour. Symboles du Jugement de Dieu, elles choisiront qui, de son ennemi ou de lui-même, pourra vivre. Cet homme l’a insulté, il a traîné son nom dans la boue, la Justice saura le reconnaître. Baptiste n’a pas peur. Il a prêté serment de défendre l’honneur de sa famille quoi qu’il advienne. Le destin l’a mené en ces lieux, pour ce duel, qu’il en soit ainsi.

 

Tension. Soleil brûlant sur sa nuque. Pas d’ombre. L’église de la ville sonne douze coups funestes coups, qui frappent sa tête comme les douze clous de son cercueil. Dans la grande rue, il n’est pas seul. Face à lui, jambes arquées, regard plongé dans le sien, comme un reflet inversé, l’autre cow-boy tend la main dans le vide. Etre le plus rapide, gagner cette course à tout prix. Ce duel de vitesse à mort.

« C’est un beau jour pour mourir… » pense-t-il.

Le tabac à chiquer a un goût amer, tout d’un coup. Mais telle est la loi de l’Ouest.

 

Loïs et Théo se font face, de chaque côté de la table. Ils se jaugent du regard, la main serrée sur leur shooter de vodka. C’est le cinquième et aucun d’eux ne sait combien il y en aura encore. C’est le challenge, le combat, le duel de leur soirée étudiante.

Ophélie soupire et se tourne vers sa meilleure amie.

« Mouais, ben tu vois, les duels, ça avait quand même un peu plus de gueule avant.

- Hein ? Pourquoi tu dis ça ?

- Oh, pour rien… »

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Alors ?

Pour l'épisode en miroir, c'est ICI !

Littérairement vôtre !