Des petits bouts de moi... des phrases, des textes... mis bout à bout...

 

Le miroir blanc de la Lune se découpe en ombre chinoise

Sur le paysage morne et noir de ce monde métallique.

__

Croyance des temps jadis
Longtemps, longtemps oubliée,
Attends ma venue et renaît
Plus forte que leur mécréance !

__

Le chant solennel du vent dans les arbres

Et la douce voix de l'eau sur les pierres

Tout un monde qui n'attend que toi

Pour plonger dans les méandres de la nuit.

__

Couleurs symphoniques

Qui se mêlent distinctement

Art

__

Etre ailleurs. Dans tes bras, sur ta peau, blottie contre toi. Oublier qu'il faut se cacher, encore, toujours. Ignorer leurs regards qui ne comprennent pas et leurs paroles qui blessent. Embrasser tes lèvres en frissonnant. T'aimer plus fort qu'avant. Vivre dans l'espoir de te voir plus souvent. Changer pour toi. Rester la même. En parler, un peu. En rêver, beaucoup. Penser à toi pour n'importe quelle raison. S'apercevoir que l'amour, c'est merveilleux et douloureux. Haïr les personnes qui te font du mal. Chasser les noires idées qui te poursuivent. Être tout simplement là pour toi. Voilà.

__

Bouche contre bouche
Peau contre peau
Sensualité
Caresse
Tendresse
Pluie
Mots doux
Lumière sombre
Obscurité dévoilée
Comme l’étonnante fragilité
Du silence.

Amour

__

Ecoute. Voici l'aurore. L'aube. Tu n'entends donc rien ? C'est la voix d'un enfant qui plonge en toi. Une voix douce et fragile, comme le fil qui nous lie au ciel, comme l'éternité qui nous attend de l'autre côté du voile. Elle se faufile à travers ta carapace d'homme et vient chatouiller de sa beauté l'imperceptible trace de ta jeunesse envolée. Elle changera tes mots, elle changera ton être. Ecoute. Elle vient lentement, elle approche, mais tu la sens. Elle, qui chaque matin touche mon cœur d'une sublime pureté. Elle, si semblable au crépuscule, et pourtant si différente. Belle aurore, je t'aime. Car tu es la seule à éclairer mes rêves et mes cauchemars lorsque je m'éveille.

__

C'est une marche sanglante et destructrice

C'est une armée de feu et de métal

Qui avance sans jamais courber le dos

Qui foudroie les peuples qui lui résistent

__

Mère de nos mers

Océan de douceur

Larmes de soie

S'enroulant

Glissant

Lascivement

Mirage

__

Cruel tueur

Destructeur

Crachat puant

A la face

De tes hostiles

Adversaires

Pirate

__

Je ne peux empêcher ton départ. Il est essentiel que tu t'éloignes, pour qu'enfin tu me retrouves. Mais il est si difficile de regarder ce chemin qui mène peu à peu tes pas dans la violence des autres. Comment te laisser fuir mes bras, alors que je ne rêve que de t'aimer toujours ? Alors cache ta fugue, réponds à l'appel impérieux de la nuit, fais-le dans l'ombre de ma surveillance, mais va-t-en. Va-t-en. C'est ta vie qui se dresse devant toi, et je n'ai nullement le droit de t'empêcher de la vivre. Suis la voie. Ta voie.

Et reviens-moi.

__

Liés dans l'ombre

Comme dans une sombre

Matrice. Et la tombe

Se referme sur leurs corps.

__

Calfeutrée en ton âme,

Je guérirais.

Et tes mots me garderont.

__

Mille éclats de cristal qui se brisent et s'accrochent

A la plaie sanglante qu'est devenue mon corps.

La douleur est une illusion à effacer.

__

Ocre rouge du sang

Mystère d'un masque

Brille dans l'iris

Reflet d'un éclat obscur

Et secrète cachette.

__

Cracher le venin de mes ancêtres

Laisser le cobra dresser sa tête

Ecouter la voix de mes victimes

Savourer le goût et l'odeur de mon crime

Regretter la douceur du sang chaud

Déchirer le voile de leur peau

Chanter pour attirer mes proies

Faire craquer leurs os entre mes doigts

 

Je suis l'animal sauvage et brutal

Je suis le prédateur cruel et vital

__

Clair ruissellement de l'eau rayonnante

Regards entrelacés

__

Plume scintillante et glacée

S'envolant dans l'air étoilé de gel

Neige

__

Serpent illuminé par sept couleurs

Tu rayonnes dans le ciel qui pleure

Un sourire de soleil se dessine, ici,

Sur ton visage mouillé de pluie.

Bel arc-en-ciel, bonheur éphémère,

A ton pied je dépose ce que tu m'as offert :

Un instant d'étonnement et d'innocence,

Un trésor teinté de luminescence.

__

L'eau se trouble,

Le miroir se brise.

De l'autre côté,

J'entends ta voix

Solitaire,

Comme lavée

Par les larmes

Et la mort.

Pureté de ton souffle.

Éphémère espoir

De te revoir en vie.

__

Les vagues ont effacé tes mots.

Leur sens s'est dissous dans l'eau

Salée des larmes océanes.

J'ai oublié le son diaphane

Des secrets que tu murmurais

Comme des fantômes qu'éclairait

La chandelle de nos espoirs.

Désormais, il fait noir.

Le sable a englouti la vie

Et la mer se plie et se replie.

Les abysses m'attirent lentement,

La surface est loin, maintenant.

Les courants s'entrelacent.

Tu as lâché ma main, et la glace

Recouvre l'écume nacrée.

L'horizon s'est brisé :

Plus de ligne courbe et limpide.

Le ressac a pris ton corps livide,

Gonflé d'algues et de sel.

Adieu aux amours éternels.

J'y ai cru. Un peu.

Nous aurions pu être heureux.

Mais la marée reprend

Toujours ses enfants.

__

Irréelle, comme un songe tout en vert et bleu

Rayonnant, comme un soleil d'or fondu

Limpide, comme une mer calme et métallique

Assombrie, comme un ciel de plomb orageux

Nocturne, comme un lutin qui s'enfuit sous les feuilles

Dissidente, comme un cri sur fond de sang

Eternelle, comme une histoire qu'on raconte, encore et encore

 

Comme une terre, un asile, une forêt, une main tendue, une odeur d'infini, un souffle de vent sur ton front, un sourire, une musique, un tableau, une langue, comme un petit poème qui s'envole dans l'air chargé de magie de l'Irlande.

__

Longue est la route, sinueux est le chemin.

Tu te perdras dans les évocations nébuleuses

De voies fermées qui ne mènent qu'à la fin.

Pas un sentier sans indications trompeuses.

Rien n'est acquis, et tout se perd,

Le voyage s'éternise en un flot hésitant.

Au fond, tu vois le coeur noir de l'hiver,

Et la mort qui scintille, vêtue de blanc.

Et là, dans la certitude morbide du décès,

Dans l'air chargé de croyances apeurées,

Dans les souvenirs précieux et les amers regrets,

Tu ouvriras les portes d'une autre destinée.

__

Hurle dans les veines, comme un tambour de guerre,

Eclat écarlate d'une armée qui part en campagne,

Mille lances ensanglantées qui combattent pour la vie.

Ode rythmée, hommage à la beauté d'un entrelac

Gonflé de fluide vital et distribuant la vigueur et la force.

Les artères charrient leur lot d'impuretés et d'ennemis,

Oscille l'équilibre entre la santé et la maladie.

Bloquée au détour d'un vaisseau, la mort qu'on repousse

Inlassablement. La fureur de vivre qui se répand,

Nimbant notre corps d'un rayonnement rouge et malsain,

Enflammant notre coeur dans un brasier liquide.